Antérieurement, à la suite de l’augmentation significative du coût de l’énergie, la Ville avait décidé de procéder à l’extinction de l’éclairage public entre 00 h 00 et 5 h 00. Cette mesure, bien que contestée par certain.e.s citoyen.ne.s au nom d’un sentiment d’insécurité, ne s’est jamais accompagnée d’une objectivation d’une hausse des faits délictueux ou accidentogènes. Il s’agissait donc d’un ressenti, respectable, mais non étayé par des éléments factuels. Soit.

Dans le quartier jouxtant le Parc de la Source à Louvain-la-Neuve, cette extinction nocturne avait en revanche produit un effet concret : une diminution très nette des nuisances en soirée et durant la nuit. Cet espace était en effet devenu un lieu de rassemblements festifs récurrents, marqués par des chants, de la musique amplifiée et des éclats de voix à des heures avancées.

Les conséquences de telles situations sur les personnes sont largement documentées : altération du sommeil, fatigue chronique, diminution des capacités de concentration, ainsi que des effets plus globaux sur la santé. La préservation de la tranquillité publique ne relève donc pas seulement du confort, mais constitue une composante essentielle de la santé et du bien-être collectif dont la commune, notamment, est garante.

Depuis le rétablissement de l’éclairage public, les habitant.e.s constatent une reprise de ces nuisances, y compris durant les périodes moins propices aux rassemblements extérieurs comme l’hiver que nous venons de traverser. À l’approche des beaux jours, une amplification est à craindre.

À cela s’ajoute une évolution préoccupante. À proximité immédiate du parc, un établissement s’est progressivement transformé en un lieu assimilable à une boîte de nuit, principalement actif le jeudi soir. Il attire un public nombreux, dont une part importante demeure à l’extérieur.

Par effet de proximité, ces groupes investissent le Parc de la Source et ses abords, prolongeant leur présence dans l’espace public jusque tard dans la nuit, voire jusqu’à l’aube. L’accumulation de ces comportements affecte à nouveau directement la qualité de vie des riverain.e.s.

Au-delà du constat, cette situation interpelle directement l’exercice des compétences communales : la commune est tenue d’assurer le maintien de l’ordre public, entendu dans ses composantes classiques comme la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques. À ce titre, elle dispose d’un pouvoir réglementaire lui permettant d’encadrer les activités susceptibles de porter atteinte à cet équilibre.

Ainsi en est-il pour la délivrance et le suivi des autorisations relevant d’une appréciation de la compatibilité entre une activité et son environnement immédiat, en particulier lorsqu’il s’agit de zones résidentielles.

Dans ce contexte, la situation actuelle soulève également une question de cohérence de l’occupation de notre espace public. Alors que les cercles estudiantins de l’université ont fait l’objet d’un encadrement renforcé afin de limiter les débordements, notamment via des restrictions d’horaires, il apparaît difficilement compréhensible que des activités comparables puissent se développer dans le secteur privé à proximité immédiate de zones résidentielles sans encadrement équivalent, et ce jusqu’à des heures tardives, voire matinales.

Dans ce contexte, permettez-moi de vous poser les questions suivantes :

– Le Collège a-t-il objectivé la reprise des nuisances aux abords du Parc de la Source ?

– Des démarches ont-elles été entreprises afin de recueillir formellement les constats des riverain.e.s ?

– Les services de police disposent-ils d’un relevé précis des interventions et constats liés à cette situation ?

– Une analyse a-t-elle été menée quant à la conformité de l’exploitation dudit établissement 

   avec les conditions qui lui sont applicables ? 

– Comment la Ville justifie-t-elle la compatibilité de ce type d’activités avec un environnement résidentiel immédiat ?

– Le Collège envisage-t-il d’activer les leviers relevant de ses compétences de police administrative ou autres : horaires, conditions             d’exploitation, encadrement et gestion des abords, mesures individuelles, afin de prévenir ces troubles ?

– Enfin, quelles actions structurelles la Ville entend-elle mettre en œuvre, y compris en partenariat avec l’Université, afin de garantir un  équilibre durable entre animation urbaine estudiantine et tranquillité publique dans le parc et ses abords ?

Je vous remercie.