
Le groupe PS souhaite revenir sur les critères d’octroi des subsides que vous voulez attribuer aux Ecoles des Devoirs.
Il nous semble indispensable de repartir de leur cadre de référence, tel que défini par l’Office de la naissance et de l’enfance.
Les écoles de devoirs ont quatre missions principales :
Et surtout : leur public, ce sont les enfants et les jeunes. Leur objectif est de proposer à chaque enfant et jeune un projet d’accompagnement et de soutien pour bâtir son avenir. Les Écoles de Devoirs accueillent tous les enfants sans discrimination, dans une démarche d’égalité des chances pour chacun.
Dès lors, comment comprendre que la grille proposée attribue des points à des catégories telles que les adultes, les familles, les aînés ?
Ces publics ne sont pas la cible du dispositif. Les écoles de devoirs sont reconnues et subventionnées pour leur travail avec les jeunes.
Bien sûr, le lien avec les familles et l’école est essentiel. Les EDD établissent une alliance dans le but de favoriser le développement équilibré de chaque enfant mais il s’agit d’un moyen, d’un levier de travail et certainement pas d’un critère quantifiable de cette manière. Il dépend de chaque famille, de chaque école et ne peut être jaugé uniquement à travers un seul protagoniste. Si une famille refuse la collaboration ou qu’une école est frileuse dans le partenariat, comment en tenir rigueur à l’EDD ?
Ce lien à tisser, par ailleurs, peut prendre des formes multiples, souvent informelles, qui ne se réduisent pas à des activités “visibles” ou comptabilisables.
L’approche collaborative et participative pourrait s’évaluer à travers la qualité du contenu d’un projet.
Ensuite, la classification des activités pose également problème.
Par exemple, attribuer davantage de points à une activité scientifique qu’à une activité ludique repose sur une hiérarchisation qui n’a pas de sens au regard des réalités de terrain. Car ce qui compte, ce n’est pas la nature de l’activité, mais le besoin auquel elle répond. Ce qui compte c’est le respect du rythme et les différentes intelligences de chaque enfant.
Ainsi, une activité ludique peut être essentielle :
La participation citoyenne active se construit aussi dans ces moments-là, elle ne relève pas d’une logique élitiste ou académique.
Nous avons donc le sentiment que cette grille repose sur des représentations qui ne correspondent ni aux missions des écoles de devoirs, ni aux réalités du terrain, et qu’elle risque d’orienter les pratiques dans un sens qui n’est pas souhaitable.
Dès lors, une question de fond se pose : faut-il réellement entrer dans ce niveau de détail et de catégorisation ?
Ne pourrait-on pas envisager un système plus pertinent, plus lisible et plus juste ?
En ce sens, nous proposons un amendement à l’article 5 :
– un financement de base garanti
– un critère objectif lié au nombre d’enfants effectivement accueillis pour compléter
– une appréciation qualitative globale des projets, permettant de tenir compte du travail de fond mené par les équipes, sous l’angle d’approche de la cohésion sociale. Pour ce, il serait intéressant de retravailler ce dispositif en concertation avec des acteurs de terrain, afin de garantir sa pertinence et son adéquation avec les réalités des écoles de devoirs.